François Fillon : l'alternance pour contrer le chômage des jeunes

A l'heure où le gouvernement se penche très sérieusement sur la problématique de la baisse de l'apprentissage, François Fillon émet des propositions pour lutter contre le chômage des jeunes.

Mardi 20 mai 2015, l'ex Premier ministre François Fillon remettait ses propositions à des journalistes, visant à développer l'alternance et l'apprentissage, seul rempart selon lui pour lutter contre le chômage des jeunes. « Alors que le candidat François Hollande avait mis la jeunesse au cœur de son programme, le chômage massif des jeunes est socialement inacceptable. 140 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme ni qualification, et un jeune sur quatre est au chômage », constate M. Fillon. Il poursuit en indiquant que « L'alternance apparaît comme la solution non seulement à développer mais aussi à systématiser. Elle doit être promue comme une voie d'excellence », qui agit « comme un tremplin vers l'emploi ». « C'est la clé de la réussite allemande », précise M. Fillon. « Seuls 7% des jeunes Français entre 16 et 25 ans sont en alternance, dont 5% en apprentissage, contre 17% en Allemagne », alors que « 25% des jeunes Français sont au chômage contre 8% des jeunes Allemands ».

Les propositions de M. Fillon

La première proposition concerne le système scolaire français, qui « renforce les inégalités, échoue à remédier aux difficultés rencontrées par les élèves ». Il faut donc « s'adapter » pour « ne plus fonctionner comme une machine à trier ». « Il faut changer de modèle » et « mettre fin au culte du diplôme ». L'ancien Premier ministre aborde ensuite la question des contrats aidés qu'il avait lui-même mis en place. Un dispositif qu'il critique pour son manque d'efficacité et dont le budget devrait être déplacé en faveur de l'alternance et l'apprentissage, avec « une exonération totale de charges patronales pour toutes les entreprises qui accueillent des jeunes en alternance ». Autres propositions: « généraliser l'apprentissage dans l'enseignement professionnel », « confier aux régions la totalité de l'enseignement professionnel » et amener « une révolution pédagogique ». « En France, 45% des heures d'enseignement suivies par les bacheliers professionnels sont consacrées aux enseignements généraux, sans aucun lien avec l'activité professionnelle à laquelle ils se destinent », déplore-t-il. Selon lui, « il ne s'agit pas de transiger avec le socle de connaissances fondamentales » mais de « faire entrer davantage de contenu théorique en lien avec la vie professionnelle ». Il propose également d'élargir le temps en entreprise des alternants et apprentis et de faire assurer les enseignements théoriques « via des cours du soir et un recours accru au e-learning ». Pour ce faire chaque jeune apprenti recevrait une tablette électronique. Pour finir M. Fillon souhaitent que les entreprises puissent « s'adapter en permanence à leurs besoins réels », impliquant de « faciliter les embauches et les licenciements », en réformant le Code du travail.

Date : 20/05/2015

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